5.30.2016

Les assyriens enterraient leurs morts avec des tortues

Les anciens assyriens envoyaient leurs morts dans l'au-delà avec des compagnons particuliers: des tortues...

Les fouilles d'une fosse funéraire dans le sud-est de la Turquie ont mis au jour les squelettes d'une femme et d'un enfant, ainsi que 21 tortues. C'est ce que rapporte l'équipe dirigée par Rémi Berthon, du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Les anciens assyriens ont converti un silo, pour stocker la nourriture, en une fosse funéraire. Une femme et un enfant y ont été enterrés avec des ossements de tortues.

La tombe fait partie d'un site assyrien appelé Kavuşan Höyük et daté de 700 à 300 avant JC.


Les carapaces des tortues proviennent d'une tortue grecque (Testudo graeca) et trois Mauremys caspica, plus les ossements de 17 tortues de l'Euphrate (Rafetus euphraticus).

Des marques d'abattage montrent que les tortues semblent avoir été mangées au cours d'un festin funéraire.

A l'époque cependant, les tortues n'étaient pas un repas habituel en Mésopotamie. Mais on pensait que les ossements de tortue conjuraient le mal.

L'abondance de tortues de l'Euphrate, une espèce connue pour être agressive, dans cette fosse funéraire, suggère que les personnes décédées avaient un statut social élevé.

Pour les ancien assyriens, les féroces reptiles représentaient probablement la vie éternelle et servaient de psychopompe; ils guidaient les âmes des morts vers l'au-delà.


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5.26.2016

Une ancienne église chrétienne souterraine découverte en Turquie



Il y a un peu plus d'un an je publiais un article sur une immense cité souterraine découverte en Turquie dont la taille pouvait rivaliser avec le site plus connu de Derinkuyu.

Cette année, une équipe d'archéologues turcs y a découvert une ancienne église chrétienne. Les murs de celle-ci, taillés dans la roche, sont recouverts de fresques représentant des scènes religieuses.

Fresques sur le mur taillé dans la roches d'une ancienne église chrétienne. Nevsehir, Cappadoce, Turquie. Image credit: Nevsehir Castle Urban Transformation Project / Nevsehir Municipality / Turkey’s Housing Development Administration.

"Les fresques dans l'église montrent la montée de Jésus dans le ciel et la mise à mort des mauvaises âmes" rapporte Mr Hasan Ünver, maire de Nevsehir, la ville la plus proche.

"Nous savons que de telles fresques n'ont jamais été observées dans d'autres églises. Seules quelques peintures ont été mises au jour. Les autres émergeront lorsque la terre sera enlevée" ont précisé le Dr Semih İstanbulluoğlu, archéologue à l'Université d'Ankara et son collègue Ali Aydin, "il y a d'importantes peintures dans la partie avant de l'église montrant la crucifixion de Jésus et son ascension au ciel. Il y aussi des fresques montrant les apôtres, les saints et les prophètes de l'Ancien Testament, Moïse et Elisée".

 Fresques sur le mur taillé dans la roches d'une ancienne église chrétienne. Nevsehir, Cappadoce, Turquie. Image credit: Nevsehir Castle Urban Transformation Project / Nevsehir Municipality / Turkey’s Housing Development Administration.

Le maire a ajouté que "lorsque l'église sera complètement révélée, le Cappadoce pourrait devenir un centre de pèlerinage de l'Orthodoxie encore plus important".

Le Dr İstanbulluoğlu, Aydin et leurs collègues ont daté l'église au 5ème siècle de l'Ere Commune.

Fresques sur le mur taillé dans la roches d'une ancienne église chrétienne. Nevsehir, Cappadoce, Turquie. Image credit: Nevsehir Castle Urban Transformation Project / Nevsehir Municipality / Turkey’s Housing Development Administration.


Merci à Audric pour l'info !

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5.25.2016

La grotte de Bruniquel était habitée il y a plus de 175000 ans par Néandertal !

La grotte de Bruniquel, qui surplombe la vallée de l'Aveyron, a été découverte en 1990. Depuis, le site a été impeccablement conservé: il comprend de nombreuses formations naturelles (lac souterrain, calcite flottante, draperies translucides, concrétions en tous genres), mais aussi des sols intacts recelant de nombreux ossements et des dizaines de bauges d'ours avec d'impressionnantes griffades.

 Vallée de l’Aveyron à hauteur de la grotte de Bruniquel © Michel SOULIER  – SSAC .

Une des particularités de la grotte réside dans ses structures originales composées d'environ 400 stalagmites, ou tronçons de stalagmites, accumulées et agencées en des formes plus ou moins circulaires. Mais surtout, elle révèlent des traces d'utilisation du feu: de la calcite rougie, noircie par la suie et éclatée par l'action de la chaleur, mais aussi des vestiges brûlés, notamment des os calcinés.

Dès 1995, une première équipe de chercheurs et de spéléologues avait déterminé, à partir de la datation au carbone 14, un âge minimum d'au moins 47 600 ans (alors la limite de la technique) d'un os brûlé ...


Une nouvelle séries d'études et d'analyses.

En 2013, une équipe de chercheurs lance une nouvelle série d'études et d'analyses. Outre le relevé 3D des structures de stalagmites et l'inventaire des éléments constituant les structures, l'étude magnétique, qui permet de révéler les anomalies occasionnées par la chaleur, a permis d'établir une carte des vestiges brûlés retrouvés dans cette partie de la grotte.  Ces feux représentent, a priori, de simples points d'éclairage.

Restitution 3D des structures de la grotte de Bruniquel © Xavier MUTH  - Get in Situ,  Archéotransf ert, Archéovision  – SHS - 3D, base  photographique Pascal Mora .

Aucune autre structure de stalagmites de cette ampleur n'étant connue à ce jour, l'équipe a développé un nouveau concept, celui de "spéléofacts", pour nommer ces stalagmites brisées et agencées.

L'inventaire de ces 400 spéléofacts a révélé des stalagmites agencées et bien calibrées qui totalisent 112 mètres cumulés et un poids estimé à 2,2 tonnes de matériaux déplacés. Ces structures sont composées d'éléments alignés, juxtaposés et superposés, avec des étais extérieurs, comme pour les consolider, et des éléments de calage. Des traces d'arrachement des stalagmites empruntées pour la construction sont observables à proximité.

Aucun vestige datable n'a été trouvé aux alentours, en effet, une croûte épaisse de calcite a figé les structures et dissimule le sol d'origine.

Les chercheurs ont donc utilisé, avec le concours de collègues des universités de Xi'an (Chine) et du Minnesota (Etats-Unis), une méthode de datation appelée uranium-thorium (U-Th) basée sur les propriétés radioactives de l'uranium, omniprésent en faible quantité dans l'environnement. 

 Détail d’un foyer avec des « spéléofacts » dans la  grotte de Bruniquel © Michel SOULIER  – SSAC


Au moment de la formation des stalagmites, l'uranium est incorporé dans la calcite. Au fil du temps, l'uranium se désintègre en d'autres éléments, dont le thorium (Th). Il suffit donc de doser, dans la calcite de la stalagmite, le thorium produit et l'uranium restant pour en connaître l'âge.

Pour construire ces structures, il a été nécessaire de fragmenter les stalagmites et de les transporter. Une fois abandonnées, de nouvelles couches de calcite, comprenant aussi des repousses de stalagmites, se sont développées sur celles déplacées et édifiées par l'Homme.

En datant la fin de croissance des stalagmites utilisées dans les constructions et le début des repousses scellant ces mêmes constructions, les chercheurs sont parvenus à estimer l'âge de ces agencements, soit 176 500 ans, à ± 2000 ans.

Un second échantillonnage de calcite, notamment sur un os brûlé, a permis de confirmer cet âge, étonnamment ancien.


Les néandertaliens étaient-ils des explorateurs et bâtisseurs ? 

L'existence même de ces structures est déjà en soi étonnante, quasi unique dans le registre archéologique, toutes périodes confondues. Pour la Préhistoire, il faut en effet attendre le début du Paléolithique récent en Europe, et ponctuellement en Asie du Sud-Est ou en Australie pour noter les premières incursions pérennes de l'Homme dans le milieu souterrain, au-delà de la lumière du jour...

Ce sont presque toujours des dessins, des gravures, des peintures, comme dans les grottes de Chauvet (- 36 000 ans), de Lascaux (- 22 000 à - 20 000 ans), d'Altamira en Espagne ou encore de Niaux (- 18 000 à -15 000 ans pour les deux sites) et, exceptionnellement, des sépultures (grotte de Cussac, Dordogne : - 28 500 ans).

Or, à Bruniquel, l'âge des structures de stalagmites est bien antérieur à l'arrivée de l'Homme moderne en Europe (- 40 000 ans).

Les auteurs de ces structures seraient donc les premiers hommes de Néandertal, pour lesquels la communauté scientifique ne supposait aucune appropriation de l'espace souterrain, ni une maîtrise aussi perfectionnée de l'éclairage et du feu, et guère plus des constructions aussi élaborées.

 Prise de mesures pour l’étude archéo-magnétique dans la  grotte de Bruniquel © Etienne FABRE  – SSAC .

Près de 140 millénaires avant l'Homme moderne, les premiers représentants européens de Néandertal se seraient donc approprié les grottes profondes, y construisant des structures complexes, y apportant et entretenant des feux.

Ces structures intriguent beaucoup les chercheurs à cause de leur distance par rapport à l'entrée actuelle et supposée de la grotte à l'époque. Ils s'interrogent quant à la fonction de tels aménagements, si loin de la lumière du jour.

Si l'on écarte l'hypothèse peu viable d'un refuge, les structures étant trop loin de l'entrée, était-ce pour trouver des matériaux dont l'usage ou la fonction nous échappe ? S'agissait-il de raisons «techniques» comme le stockage de l'eau par exemple ? Ou de lieux de célébration d'un rite ou d'un culte ?

D'une manière plus générale, les chercheurs constatent le haut degré d'organisation sociale des Néandertaliens nécessaire à une telle construction.

Les recherches à venir tenteront d'apporter des explications sur la fonction de ces structures, qui reste une question non résolue à ce jour.

Ces travaux ont associé les laboratoires suivants :

Les opérations de recherche archéologiques ont été financées par la Drac Midi-Pyrénées et les différentes institutions. La Société spéléo-archéologique de Caussade, présidée par Michel Soulier, a assuré la gestion du site, la couverture photographique et le soutien technique et logistique durant les opérations programmées.

Une demande de protection au titre des monuments historiques est en cours auprès du ministère de la Culture et de la Communication, de même qu'un suivi climatique et des mesures d'équipement et de protection adaptées.

Les opérations de recherche devraient se poursuivre en 2016. La grotte de Bruniquel est située sur une propriété privée et toute visite est impossible.

Source:

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La science apporte des éléments sur la mort du roi Erik de Suède


Erik le Saint fut roi de Suède de 1155 à 1160. Aucune information historique ne nous est parvenue et toutes les données sur le roi Erik proviennent de légendes ultérieures qui avaient pour but de le sanctifier. Il serait ainsi  mort dans des conditions dramatiques au cours d'une bataille hors de l'église à Uppsala, en Suède, où il venait juste de célébrer la messe.

Mais que peut nous dire de plus la science moderne concernant ses restes ?

Les reliques d'Erik le Saint. Photo: Anders Tukler

Une équipe de recherche conduite par l'Université d'Uppsala révèle des informations sur l'état de santé d'Erik le Saint, de ce à quoi il ressemblait, où il a vécu et dans quelles circonstances il est décédé.

Le seul récit sur sa vie est la légende du saint, écrite sous sa forme préservée dans les années 1290. Mais de telles légendes sont souvent peu fiables. La légende d'Erik est, cependant, basée sur un un récit plus ancien qui s'est perdu et qui devait être plus long.

La légende préservée raconte qu'Erik fut choisi comme roi, qu'il régna avec justice, et qu'il fut un fervent chrétien. Il conduisit une croisade contre la Finlande, et soutint l'église. Il fut tué en 1160 par un danois réclamant le trône. Depuis 1257, ses restes sont conservés dans un reliquaire.

Une analyse approfondie du squelette du reliquaire avait été faite en 1946, mais la disponibilité de nouvelles technologies a motivé un nouvel examen en 2014.

 Le chef de projet Sabine Sten lors de la la tomographie à l'hôpital universitaire. Photo: Adel Shalabi
 
Le 23 avril 2014, le reliquaire a été ouvert au cours d'une cérémonie dans la cathédrale d'Uppsala. Suite à quoi, les chercheurs de plusieurs disciplines scientifiques se sont rassemblés pour mener des tests sur les restes afin de tenter d'en apprendre plus sur ce roi médiéval.

"La recherche collaborative interdisciplinaire sur l'analyse des restes du squelette de Saint Erik a fourni des informations supplémentaires sur son état de santé (orthopédistes et radiologistes), sa généalogie (analyses ADN), son régime alimentaire (analyse isotopique), et sa mort (médecin légiste)" rapporte la directrice du projet, Sabine Sten, professeur d'ostéo-archéologie à l'Université d'Uppsala.

Le reliquaire contient 23 os, apparemment du même individu. Ils sont aussi accompagnés d'un tibia sans rapport avec eux.

Les valeurs radiocarbones mesurées dans les ossements correspondent avec un décès en 1160. Les analyses ostéologiques ont montré que les os appartenaient à un homme, âgé de 35 à 40 ans et mesurant 1.71m.

Les examens des os avec un tomodensitomètre, à l'Hôpital Universitaire d'Uppsala, n'ont révélé aucune condition médicale particulière.

Les mesures  DXA et pQCT faites dans le même hôpital ont révélé qu'Erik ne souffrait pas d'ostéoporose ou de friabilité des os. C'est plutôt l'inverse, car il avait une densité de 25% au-dessus de la moyenne des jeunes adultes de nos jours. Le roi Erik était bien nourri, puissamment bâti et avait une vie active.

L'analyse des isotopes indiquent un régime alimentaire riche en poisson d'eau douce, ce qui indique que le roi obéissait aux règles de l'église sur les jeûnes, à savoir les jours ou périodes où la consommation de viande était interdite.

Les isotopes stables impliquent aussi qu'il n'a pas passé sa dernière décennie dans la région d'Uppsala mais plutôt dans la province de Västergötland plus au sud.

 Ces conclusions doivent être considérées comme très préliminaires, car il y a pour l'instant très peu d'autres études pour comparer les valeurs des isotopes.

Tibia avec deux blessures par arme blanche. Photo: Anna Kjellström

L'ouverture du reliquaire a aussi permis de récolter des échantillons d'ADN. On espère que les résultats apporteront plus de lumière concernant les questions de généalogie. Cette analyse n'a pas encore été terminée et devrait prendre une année supplémentaire.

Le crâne dans le reliquaire est marqué par une ou deux plaies cicatrisées probablement dues à des armes. La légende rapporte qu'Erik mena une croisade contre la Finlande, ce qui pourrait expliquer ces blessures.


La légende du saint explique qu'au cours de la dernière bataille du roi, les ennemis grouillaient autour de lui, et lorsqu'il tomba, lui infligèrent blessure sur blessure jusqu'à ce qu'il soit à moitié mort. Ils se moquèrent ensuite de lui, puis enfin lui coupèrent la tête.

Les ossements restants ont au moins neuf coupures infligées en lien avec sa mort; sept d'entre elles sont sur les jambes.
Aucune blessure n'a été trouvée sur les côtes ou l'os de bras restant, ce qui signifie probablement que le roi portait un haubert mais que ses jambes étaient moins protégées. Les deux tibias ont des coupures infligées en direction des pieds, indiquant que la victime gisait face contre sol.

Une vertèbre du cou était coupée en biais, ce qui n'a pu être fait sans enlever le haubert, donc pas au cours de la bataille mais plus tard. Cela confirme qu'il y a eu un interlude, décrit par la légende comme la moquerie, entre la bataille et la décapitation.

A aucun moment les blessures documentées ne contredisent le récit de la lutte donnée par la légende parvenue jusqu'à nous.

Les recherches seront publiées dans le journal Fornvannen.
 

Sources:

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5.19.2016

Les techniques et connaissances avancées de Caral inspirent les architectes modernes


Les architectes en quête de solutions pour une vie durable au 21ème siècle se sont penchés sur l'ancienne cité de Caral au Pérou, une merveille d’ingénierie construite il y a 5000 ans.

Les bâtisseurs ont créé une ville avec des pyramides, des amphithéâtres, des bâtiments anti-sismiques et des conduits souterrains pour canaliser le vent et maintenir les foyers allumés. Tout cela avec des outils rudimentaires.

 Caral.  Photo: ANDINA/Difusión

Il s'agit du site de la plus ancienne civilisation connue en Amérique, la Civilisation de Caral ou  Norte Chico. Elle s'est développée entre 3000 et 1800 avant JC et est presque aussi vieille que l'ancienne Egypte.

Des architectes du monde entier se sont réunis à Caral pour chercher de l'inspiration dans ses ruines brun sable et discuter des défis auxquels font face l'humanité 5000 ans plus tard.

L'Union Internationale des Archtiectes s'est réunie sur le site du Patrimoine Mondial de l'UNESCO et a signé un document, la Lettre de Caral, qui cite la ville antique comme exemple de planification urbaine durable et de vie en harmonie avec la nature. La lettre a été présentée aux pourparlers de Paris sur le climat.

"Nous nous tournons vers le passé pour voir comment les civilisations s'organisaient il y a 5000 ans,  pensaient à leur engagement envers la nature et appréhendaient leur vision cosmique" rapporte Jose Arispe, un des architectes qui était au Pérou, et conseiller à l'Union Internationale des Architectes. Il s'est émerveillé des prouesses techniques comme les conduits utilisés à Caral pour fournir de l'air aux feux utilisés dans les cérémonies religieuses afin de les garder allumés.

Le système repose sur ce que les physiciens appellent aujourd'hui l'Effet Venturi, la réduction de la pression lorsqu'un fluide circule dans un espace restreint. "Nous redécouvrons les travaux d'architectes et d'ingénieurs de l'époque, lorsqu'il n'y avait pas d'instruments comme le niveau ou le fil à plomb. C'est de la grande ingénierie," continue Arispe.

Monolithe, surnommée ""Huanca", sur le site de Caral.

Les constructions dans la ville, située dans une zone d'activité sismique, disposent également de fondations flexibles, appelées "shicras", qui ressemblent à de grands paniers remplis de pierres, une technique servant à minimiser les dommages lors des tremblements de terre.

Les habitants de Caral n'avaient apparemment pas d'armes ni murs d'enceinte. "C'était une culture paisible qui sert de référence pour les générations futures" ajoute Arispe.

Ils ont aussi construit leur cité sur des terres arides afin de préserver le terrain fertile pour l'agriculture. "Cette société était très intéressée par le développement en harmonie avec la nature. Ils n'ont jamais occupé la vallée, et ne se sont pas implantés sur les terres productives. Les champs fertiles étaient des déités" explique l'archéologue péruvien, Ruth Shady, qui a mené les premières fouilles à Caral en 1996 et a attiré l'attention du monde sur le site.

Caral se situe dans la Vallée Supe, une région semi-aride à environ 200km au nord de Lima.

Le site est dominé par sept pyramides en pierre. La cité a été construite autour de deux places circulaires creuses, et les fouilles indiquent qu'il y avait des marchés réguliers qui attiraient les commerçants de toute la région.

Pêcheurs et fermiers pouvaient échanger leurs biens contre des flutes faites en os de condor, ou des coquillages, provenant de contrées aussi lointaines que l’Équateur de nos jours, pour faire des colliers.

Les fouilles pour en connaitre d'avantage sur l'histoire du site sont encore en cours.

 La cité pourrait aussi être le lieu de naissance du Quechua, qui est devenu la langue de l'empire Inca et qui perdure encore de nos jours. "C'est une civilisation parvenue de splendeur et de prestige. C'est un message pour le monde: nous pouvons vivre en harmonie avec la nature pour protéger la planète et avoir plus de respect et de relations pacifiques avec les autres cultures" ajoute Shady.

Caral a été touché par une longue sécheresse aux alentours de 1800 avant JC, forçant les habitants à abandonner la région. Après leur départ, la cité fut ensevelie sous le sable.

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5.16.2016

Les scientifiques ressuscitent une ville médiévale perdue en Pologne

Nieszawa était une cité marchande pleine de vie, habitée par plusieurs milliers de personnes provenant de différentes parties de la Couronne du Royaume de Pologne et de nombreux pays européens. Mais elle fut abandonnée quelques dizaines d'années après sa construction...

Les résultats des recherches sur le terrain ainsi que les analyses d'experts ont été publiés sous le titre: "W poszukiwaniu zaginionego miasta: 15 lat badań średniowiecznej lokalizacji Nieszawy" (à la recherche de la ville perdue: 15 années de recherche sur la localisation médiévale de Nieszawa).

"Ce qui est sans précédent est le fait que le livre se base largement sur les résultats d'études non invasives. Cela a permis d'étudier la structure urbaine et de confronter les données avec la documentation d'études précédentes et d'anciennes sources historiques" explique Piotr Wroniecki, archéologue et un des éditeurs du volume.

Reconstruction numérique artistique de la ville médiévale de Nieszawa, vue depuis le nord (auteurs: J. Zakrzewski, T. Mełnicki).


La ville était fortement développée, avec un immense marché, des parcelles avec des bâtiments et un plan de rue régulier. A l'intérieur de la cité, il y avait des bâtiments religieux, commerciaux, des espaces de production et de stockage.

Toutes ces structures ont été documentées par les archéologues, bien que les fouilles n'aient été faites qu'à très petite échelle.

La ville était protégée par le château voisin Dybów (situé aujourd'hui à Toruń), souvent visité par les rois polonais.

Nieszawa avait été créée délibérément à l'opposé de Toruń, à l'ouest de la rivière Vistula, appartenant à l'Ordre Teutonique, afin d'entrer en compétition politique et économique avec Toruń.

Le développement dynamique de Nowa Nieszawa n'a pu être stoppé par les pressions politiques ou les incursions militaires des Chevaliers Teutoniques, mais en fin de compte, la ville finira détruite et sera transférée.

Reconstruction numérique artistique de la ville médiévale de Nieszawa, vue depuis la rivière Vistula (auteurs: J. Zakrzewski, T. Mełnicki).

"Fortuitement, les reliques de la cité sont restées relativement peu affectées après cinq siècles et demie, devenant ainsi comme une sorte de capsule temporelle, jusqu'à ce que nous utilisions différentes méthodes de recherche archéologique, comprenant une étude non destructive des restes et la restauration de l'ancienne Nieszawa sur les cartes de l'histoire médiévale" ajoute Wroniecki.

On pense que la ville "perdue" de Nieszawa fut fondée en 1423 sur ordre du roi Władyslaw Jagiełło. Grâce à sa situation favorable sur la rivière Vistula, rivière frontalière croisant une importante route commerciale depuis Kujawy, traversant l'état Teutonique vers la Mer Baltique, Nowa Nieszawa s'est rapidement développée. Les maisons étaient en bois ou à colombage, mais les bâtiments importants ou religieux étaient construits en briques.


En raison de sa proximité avec la frontière de l'Ordre Teutonique, après seulement 40 ans, la ville a été abandonnée et relocalisée quelques dizaines de kilomètres plus au sud.

Le développement de Nieszawa a été stoppé par les invasions des Chevaliers Teutoniques et les citoyens de Toruń, qui en 1431 ont pillé et détruit la ville et saisi le château.

Mais, dès 1436, sous le traité de La Paix de Brest, les polonais regagnent des états à l'ouest de la rivière. En 1454, la situation politique change suite au soulèvement de la bourgeoisie prussienne contre les autorités des Chevaliers Teutoniques.

Après s'être soumis à l'autorité du roi polonais, les citoyens de Toruń, qui exigeaient sans cesse la destruction de Nieszawa, reçurent la promesse de Casimir de la destruction de ce centre compétitif dans les trois ans. Le roi jouait avec le temps, mais en automne 1462, la destruction de Nowa Nieszawa devint une réalité.

Nieszawa a été reconstruite et a survécu jusqu'à nos jours à environ 30km au sud-est de son lieu d'origine. "De nombreuses années de recherche archéologique ont permis de montrer que les efforts mis dans l'emplacement de New Nieszawa faisaient partie d'une stratégie économique et politique complexe mise en place contre l'Ordre Teutonique, et cherchait à dominer le commerce dans la région de Vistula. Bien que Nieszawa ait disparu, sa présence dans les environs de Toruń a pu contribuer à une reprise éventuelle de Toruń par le Royaume Polonais" résume Wroniecki.

Interprétation archéologique de la télédétection et des données géophysiques (P. Wroniecki)

La monographie publiée est un travail collectif comprenant des études thématiques faites par le groupe de chercheurs qui a étudié le site au cours de la dernière décennie.
Elle présente non seulement les résultats spectaculaires des études non-invasives (dont les relevés aériens et magnétiques), mais aussi les résultats des analyses historiques et géomorphologiques (permettant de déterminer les conditions naturelles d'alors). Le texte est accompagné de reconstructions numériques artistiques en 3D de Nowa Nieszawa.

La monographie a été produite par la branche de l'Association Scientifique des Archéologues Polonais de Łódź, et l'Institut d'Archéologie de l'Université de Łódz. La publication a été possible grâce au financement du Ministère de la Culture et du Patrimoine National dans le cadre du programme du Patrimoine Culturel.

Une version électronique du livre sera bientôt disponible en téléchargement ici: www.staranieszawa.pl

Vidéo de la reconstitution 3D:


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5.11.2016

Amphipolis: une inscription incomplète relance le débat sur l'appartenance du tombeau

Une inscription incomplète pourrait relancer le débat concernant l'identité du propriétaire de la tombe remontant à la période d'Alexandre le Grand; cela fait suite à une nouvelle recherche sur les blocs du mur de soutènement circulaire du mystérieux tertre.

Le tombeau a été ouvert il y a 18 mois dans le nord de la Grèce. Daté entre 325 avant JC (deux ans avant la mort d'Alexandre le Grand) et 300 avant JC, il se trouve à Amphipolis, à l'est de Thessalonique, et a été annoncé comme étant le plus grand dans le monde grec avec près de 500m de circonférence.

Le croquis de l'inscription présenté par les archéologues grecs. En-dessous, la reconstruction de Chugg sur une photo montre comment la lettre Π de ΠΑΡΕΛΑΒΟΝ a été coupée du bloc lorsqu'il a été raccourci. Andrew Chugg (caractères rouges dans l'inscription); American School of Classical Studies at Athens (photo du bas)

D'après l'auteur de l'étude, Andrew Chugg, une lettre Π, ou pi, manquante rejette clairement la théorie des archéologues liant le monument à Héphaestion, ami et général d'Alexandre le Grand.

Chugg explique que les blocs, découpés à l'origine pour des monuments dédiés à Héphaestion, sur ordre d'Alexandre, ont simplement été ré-utilisés pour construire ce tombeau massif quelques années après la mort du roi macédonien.

En octobre dernier, l'archéologue Katerina Peristeri avait annoncé lors d'une conférence à Thessalonique que trois inscriptions concernaient la personne commémorée à l'origine par le mystérieux monument. "Il y a des chances que ce soit un culte héroïque dédié à Héphaestion" avait-elle dit.

L'annonce avait été faite à la fin d'une passionnante exploration qui s'est déroulée pendant des mois, dévoilant d'énormes sphinx décapités, des murs gardés par des statues colossales et le sol décoré avec de superbes mosaïques (Photos: Un énorme tombeau mis au jour sur le site d'Amphipolis en Grèce)

Vue d'artiste sur la reconstruction du tertre d'Amphipolis. Source: Greek Minsitry of Culture 


A la fin des fouilles, des fragments d'ossement avaient été trouvés. Ils appartenaient à au moins cinq individus identifiés comme étant une femme, deux hommes, un nouveau-né et un adulte incinéré dont le genre n'a pu être identifié.


Le monogramme concernant Héphaestion provient de trois inscriptions qui ont été décodées ainsi: ΠΑΡΕΛΑΒΟΝ ΗΦΑΙΣΤΙΩΝ ΑΝΤ. D'après Peristeri et son équipe cela signifiait: "Moi, Antigonus j'ai reçu le matériel de construction pour l'érection d'un monument en l'honneur d'Héphaestion".

Lors de sa présentation, Peristeri avait montré des croquis et des photos de deux inscriptions qui se lisent ΑΡΕΛΑΒΟΝ. Le mot avait supposé être ΠΑΡΕΛΑΒΟΝ, signifiant "reçu par" ou "reçu pour".

"Ils ont laissé un espace vide dans leur dessin. Tout le monde pensait que Π n'était simplement pas sur la pierre du bloc" explique Chugg qui a également écrit: "The Quest for the Tomb of Alexander the Great".


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5.08.2016

Une cité Maya aurait été découverte par un jeune québecois à partir de sa théorie des constellations

Mise à jour 20/05/16
William Gadoury, un adolescent québecois aurait découvert une nouvelle cité Maya dans le Yucatan.

Partant de l'hypothèse que les villes mayas se positionnaient en fonction des constellations, il a analysé 22 d'entre elles (décrites dans le Codex Tro-Cortesianus ou Codex de Madrid) et a pu y faire correspondre 117 cités mayas.

William Gadoury, auteur de la théorie et de la découverte. Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier

C'est en étudiant une 23ème constellation de trois étoiles qu'il s'est aperçu que seulement deux villes mayas correspondaient.

Gadoury a donc analysé des images satellites pour déterminer la position d'une 118ème cité maya: K’ÀAK’ CHI’ ("Bouche de feu"). Le Dr Armand Larocque, géographe à l'université de Brunswick et spécialiste en télédétection a pu confirmer que l'on distinguait une pyramide et une trentaine de bâtiments: "l’utilisation d’images satellites, ainsi que l’apport du traitement d’images numériques ont permis de faire ressortir ces structures et de confirmer leur possible existence".


Structure identifiée par le Le Dr Armand Larocque


Il reste maintenant à aller voir sur place pour confirmer cette découverte. Sa théorie, si elle est confirmée, pourrait en outre apporter un éclairage nouveau sur la civilisation Maya.

Merci à Audric pour cette info !
Source:

Mise à jour du 20/05/16: voici une actualisation des articles au sujet de cette affaire dans l'ordre Chronologique

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