12.08.2017

Le vin aurait ses racines dans le Caucase

Des fouilles en République de Géorgie ont mis au jour des traces de la plus ancienne vinification au monde.

Cela s'est fait dans le cadre de l'expédition du projet Archéologique Régional Gadachrili Gora (GRAPE), menée conjointement entre l'Université de Toronto et le Musée National Géorgien.

Le vin aurait ses racines dans le Caucase
Une photo prise par un drone sur le site de fouilles de Gadachrili Gora site (photo de Stephen Batiuk)

La découverte permet de dater l'origine de la pratique à la période néolithique, aux environs de 6000 avant JC, la repoussant de 600 à 1000 ans avant l'ancienne date acceptée. Auparavant, les plus anciennes traces chimiques de vin remontaient à 5400-5000 avant JC dans la région des Monts Zagros en Iran.


D'après ces nouvelles fouilles, la pratique de la vinification aurait commencé des centaines d'années plus tôt dans le sud de la région du Caucase, à la frontière de l'Europe de l'Est et de l'Asie occidentale.


Les fouilles se sont concentrées sur deux sites du néolithique ancien (6000-4500 avant JC) nommés Gadachrili Gora et Shulaveris Gora, à environ 50 kilomètres au sud de la capitale moderne Tbilisi.

Des fragments de poterie trouvés sur les sites ont été recueillis puis analysés par les scientifiques à l'Université de Pennsylvanie afin de vérifier la nature du résidu conservé à l'intérieur pendant des millénaires.

Les nouvelles méthodes d'extraction chimique ont confirmé qu'il y avait de l'acide tartrique, un composé du raisin et du vin ainsi que trois acides organiques associés (malique, succinique et citrique), dans les résidus provenant de huit grandes jarres.

"Nous pensons que c'est le plus ancien exemple de domestication d'une vigne eurasienne sauvage uniquement destinée à la production de vin" rapporte Stephen Batiuk, associé de recherche au Département des Civilisations du Proche et Moyen Orient et au Centre d'Archéologie de l'Université de Toronto, et co-auteur de l'étude, "la version domestiquée du fruit a plus de 10.000 variétés de raisins de table et de vin dans le monde entier. Et la Géorgie abrite plus de 500 variétés uniquement pour le vin, ce qui suggère que les raisins ont été domestiquées et croisés dans la région pendant une très longue période de temps".

GRAPE représente la composante canadienne d'un projet international interdisciplinaire beaucoup plus grand, impliquant des chercheurs des Etats-Unis, du Danemark, de France, d'Italie et d'Israël.

Le vin aurait ses racines dans le Caucase
La base d'une jarre néolithique préparée pour échantillonnage pour l'analyse des résidus (photo de Judyta Olszewski)

Les sites, fouillés par l'équipe de l'Université de Toronto et du Musée National de Géorgie, sont les restes de deux villages remontant à la période néolithique, qui a débuté aux alentours de 15,200 avant JC dans certaines parties du Moyen Orient et qui s'est terminé vers 4500 à 2000 avant JC dans d'autres parties du monde.

La période néolithique est caractérisée par un ensemble d'activités comprenant le début de l'agriculture, la domestication des animaux, le développement de l'artisanat comme la poterie et le tissage, et la fabrication d'outils en pierre polie.

"La poterie, qui était idéale pour le traitement, le service et le stockage des boissons fermentées, a été inventée au cours de cette période accompagnée de nombreux progrès dans l'art, la technologie et la cuisine," explique Batiuk, "la méthodologie pour identifier les résidus de vin dans la poterie a été développée et testée à l'origine sur des récipients du site de Godin Tepe dans le centre-ouest de l'Iran. Le site a été fouillé il y a plus de quarante ans par une équipe du Musée Royal de l'Ontario dirigée par le chercheur de l'Université de Toronto, Cuyler Young. Donc, à bien des égards, cette découverte amène mon co-directeur Andrew Graham et moi-même à revenir sur le travail de notre professeur Cuyler, qui a également fourni certaines des théories fondamentales sur les origines de l'agriculture au Proche-Orient. En résumé, ce que nous étudions est la façon dont les activités du néolithique, comme l'activité agricole, la fabrication d'outils et l'artisanat qui s'est développé plus au sud, en Irak, Syrie et Turquie, ont été introduites dans différentes régions avec différents climats et vie végétale".

Pour les chercheurs, les données archéologiques, chimiques, botaniques, climatiques et radiocarbones fournies par les analyses démontrent que la vigne eurasienne, Vitis vinifera, était abondante autour des sites étudiés. Elle poussait dans des conditions environnementales idéales, au début de la période néolithique, similaires aux régions viticoles en Italie et dans le sud de la France aujourd'hui.

"Notre recherche suggère que l'une des principales adaptations du mode de vie néolithique dans le Caucase était la viticulture," ajoute Batiuk, "la domestication du raisin a conduit finalement à l'émergence d'une culture viticole dans la région."

Il décrit une ancienne société dans laquelle la boisson et l'offrande du vin pénètrent et imprègnent presque tous les aspects de la vie, de la pratique médicale aux célébrations spéciales, de la naissance à la mort, aux repas quotidiens où la cuisson est courante: "En tant que médicament, lubrifiant social, substance psychotrope et produit de grande valeur, le vin est devenu le centre des cultes religieux, des pharmacopées, des cuisines, de l'économie et de la société à travers le Proche-Orient ancien."

Batiuk cite la viticulture ancienne comme un excellent exemple de l'ingéniosité humaine dans le développement de l'horticulture, et des utilisations créatives pour ses sous-produits: "La gamme infinie de saveurs et d'arômes des 8 000 à 10 000 cépages d'aujourd'hui est le résultat final de la transplantation de la vigne eurasienne domestiquée et de son croisement incessant avec des vignes sauvages" ajoute-t-il, "la vigne eurasienne, qui représente aujourd'hui 99,9% du vin produit dans le monde, a ses racines dans le Caucase".

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12.07.2017

Niaux interdit: des ouvertures exceptionnelles de galeries de la grotte de Niaux au public


La Grotte de Niaux propose aux amoureux de la Préhistoire de venir découvrir des galeries qui sont habituellement fermées au grand public. Il y aura une dizaine de dates, fin 2017 et courant 2018.


Niaux interdit: des ouvertures exceptionnelles de galeries de la grotte de Niaux au public
 Entrée de la grotte de Niaux en Ariège.

Un balade de plus de 3 heures, sur 3 kilomètres d'entrailles, mènera au cœur de cette mystérieuse grotte ariégeoise. Le parcours qui permettra de contempler, entre autre, le célèbre bison aux cupules, le petit cheval renversé rouge, les curieux signes barbelés ou encore les saumons gravés au sol, ira jusqu'au Lac Terminal.

Cette dizaine de visites, uniquement sur réservation, s'adressent à des personnes de plus de 12 ans, passionnées de Préhistoire ou souhaitant découvrir des trésors cachés.

Les différentes dates des 5 premières visites:
  • 19 Novembre 2017
  • 17 Décembre 2017
  • 21 Janvier 2018
  • 18 Février 2018
  • 18 Marc2018

Les informations pratiques:
  • La réservation se fait à ce numéro: 05 61 05 50 40
  • Places limitées; à partir de 12 ans
  • Tarif unique: 35€
  • Prévoir un vêtement chaud ainsi que des chaussures de marche.

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12.03.2017

Découverte d'une ancienne cité égyptienne vieille de 7000 ans

Des archéologues ont découvert en Egypte les ruines d'une ancienne cité ainsi qu'un cimetière attenant, remontant à 7000 ans, vers 5316 avant l'Ere Commune. D'après une déclaration du ministère des antiquités, le site pourrait remonter à la première dynastie d'Egypte.

La découverte a été faite dans la province de Sohag à 400 mètres du temple du roi Séthi 1er dans la ville d'Abydos.

Découverte d'une ancienne cité égyptienne vieille de 7000 ans

Des restes de huttes, d'outils en pierre et de poteries ont été trouvés, indiquant que la cité résidentielle fournissait la force de travail qui aurait servi à la construction des tombes royales.

Le cimetière contenait 15 grandes tombes qui, selon Hany Aboul Azm, directeur de l'Administration Centrale des Antiquités de Haute Egypte, pourraient appartenir à des hauts fonctionnaires.


La découverte a une importance particulière car elle pourrait fournir un aperçu sur Abydos, l'une des plus anciennes cités d'Egypte.



D'après d'anciennes recherches, Abydos aurait été la capitale de l'ancienne Egypte vers la fin de la période prédynastique (transition entre le néolithique et la formation d'un État par unification du pays et centralisation des pouvoirs aux mains des dynasties pharaoniques).

Photo: Egyptian Ministry of Antiquities/Facebook

 "La taille des tombes découvertes dans le cimetière sont plus grandes, dans certains cas, que les tombes royales dans Abydos remontant à la première dynastie, ce qui prouve l'importance des personnes inhumées dans cet endroit et leur statut social élevé lors du début de l'histoire de l'Egypte ancienne" a dit le ministre.

D'après Yasser Mahmoud Hussein, qui a dirigé la mission archéologique, les tombes se distinguent par de multiples mastabas. Ils sont de forme rectangulaire et présentent des côtés inclinés et un toit plat.


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11.27.2017

Un nouveau géoglyphe découvert dans le désert de Nazca au Pérou

Un "dessin" géant d'une orque a été découvert sur le site des célèbres géoglyphes de Nazca. Cela pourrait être la plus ancienne image enregistrée à ce jour sur le site.

En 2013, des scientifiques ont découvert ce qu'ils pensaient être une énorme représentation d'une créature marine à environ 400 kilomètres de Lima.

Le géoglyphe de l'orque dans le sud du Pérou. Photo  Institut Archéologique Allemand 

Des chercheurs de la Commission pour l'Archéologie des Cultures Non-Européennes (KAAK) de l'Institut Archéologique Allemand ont collaboré sur le projet avec d'autres partenaires, dont des membres de l'Institut Andin des Etudes Archéologiques (INDEA).

Après quatre années d'analyses, de travail de restauration et de débat, ils ont confirmé que c'était une orque. "Peut-être que c'est le plus ancien géoglyphe de la période Nasca" rapporte Markus Reindel, archéologue du KAAK, et directeur du projet Nasca Palpa.


Le géoglyphe fait environ 60 mètres de long.


Il y en a environ 1500 autres dans la région, dont la plupart remontent entre 200 et 600 après JC. En plus d'être probablement le plus ancien, l'orque soulève plusieurs questions, dont celle-ci: "pourquoi un mammifère marin a été dessiné au milieu du désert péruvien ?".

Le géoglyphe comprend aussi de mystérieux symboles et une "tête trophée"; pour les archéologues, cela indique que l'image avait une fonction religieuse.

Des parties de l'image ont été faites en relief négatif, ce qui signifie que des zones de sol exposées  forment les lignes réelles au lieu d'utiliser des piles de pierres. Ce style est plus représentatif des anciens géoglyphes Nazca.

Mais d'autres parties ont une forme en relief positif, ce qui est plutôt du type Paracas, une culture distincte et plus ancienne.

Les tests de sol du géoglyphe de l'orque donnent une date potentielle jusqu'à 200 avant JC. Il est donc concevable qu'il ait été conçu non seulement par les Nazca, mais aussi par les Paracas, qui ont créé des géoglyphes dans ce style entre 800 et 200 avant JC.

Les lignes de Nazca ont été redécouvertes il y a à peu près cent ans dans un désert du sud du Pérou. Les plus grands font plus de 300m de long. Leur but est toujours un mystère.

Certains archéologues pensent qu'ils avaient une fonction religieuse (leur taille colossale serait ainsi visible des déités depuis le ciel), d'autres se demandent s'ils n'étaient pas des outils à des fins astronomiques. Ainsi, la géographe Maria Reiche, qui avait passé sa vie à étudier les lignes de Nazca, pensait que ces dessins représentaient des constellations.


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11.25.2017

Un sceau sculpté se révèle être un chef d'œuvre d'art Minoen

Cela fait deux ans que des chercheurs de l'Université de Cincinnati fouillent le tombeau d'un guerrier de l'âge du bronze vieux de 3500 ans dans le sud-ouest de la Grèce. Ils ont mis au jour d'incroyables richesses, dont quatre chevalières en or, qui ont remis en question les origines acceptées de la civilisation grecque.

Il faudra encore une année avant que celui que l'on surnomme le Guerrier Griffon révèle son offrande historique la plus étonnante: une gemme finement sculptée, dont les chercheurs de l'UC estiment qu'il s'agit de l'une des plus belles œuvres de l'art grec préhistorique jamais découverte.

Un sceau sculpté se révèle être un chef d'oeuvre d'art Minoen
Le petit sceau représentant des guerriers en combat mesure à peine 2.6cm de diamètre, mais contient des détails incroyables. Photo: Université de Cincinnati

 Dessin agrandi de l'agate du combat de Pylos, tel qu'il apparaît sur la face du sceau. Credit: Tina Ross/University of Cincinnati

 

 l'Agate du combat de Pylos


l'Agate du combat de Pylos, ainsi nommée en raison du combat au corps à corps qu'elle dépeint, promet non seulement de réécrire l'histoire de l'art grec ancien, mais aussi d'aider à faire la lumière sur les mythes et légendes à une époque où la civilisation occidentale est encore imprégnée de mystère.

Ce sceau est le trésor le plus récent et le plus important mis au jour dans le tombeau du Guerrier Griffon. Ce dernier fut la découverte archéologique la plus spectaculaire de Grèce en plus d'un demi-siècle; il a été mis au jour dans une oliveraie près de l'ancienne ville de Pylos en 2015.

La tombe remarquablement intacte a révélé non seulement les restes bien préservés de ce que l'on suppose être un puissant guerrier ou prêtre mycénien, inhumé aux alentours de 1500 avant JC, mais aussi un trésor incroyable de richesses funéraires, véritable capsule temporelle sur les origines de la civilisation grecque.

Mais le tombeau n'a pas révélé ses secrets facilement: il a fallu plus d'un an aux spécialistes de la conservation pour nettoyer le sceau incrusté de calcaire (photo ci-dessous). Alors qu’émergeaient les détails complexes de la conception du sceau, les chercheurs ont été stupéfiés de découvrir qu'ils étaient face à un véritable chef-d'œuvre.

Le sceau lorsqu'il était incrusté de calcaire a été découvert face cachée près du bras droit du Guerrier Griffon. Photo: Département des Classiques, Université de Cincinnati

Shari Stocker, directrice des fouilles et associée principale de recherche dans le Département des Classiques de l'Université de Cincinnati, et Jack Davis, professeur d'archéologie grecque dans la même université, rapportent que l'artisanat et les détails de l'Agate du combat de Pylos en font le plus beau travail découvert de l'art glyptique produit dans l'âge du bronze égéen.

"Ce qui est fascinant, c'est que le corps humain est à un niveau de détail et de musculature que l'on ne retrouve pas avant la période classique de l'art grec 1000 ans plus tard," explique Davis, "c'est tout simplement une découverte spectaculaire".


Ce qui est encore plus extraordinaire, c'est que la scène de combat a été minutieusement gravée sur un morceau de pierre dure mesurant seulement 3,6 centimètres de long.  


En effet, de nombreux détails du sceau, tels que l'ornementation complexe des armes et la décoration des bijoux, ne deviennent évidents que lorsqu'ils sont vus avec un puissant objectif d'appareil photo et une photomicroscopie. "Certains détails font à peine un demi-millimètre" ajoute Davis, "Ils sont incompréhensiblement petits".

Ce chef d’œuvre miniature dépeint un guerrier victorieux qui, ayant vaincu un malheureux adversaire affalé à ses pieds, porte son attention sur un autre ennemi beaucoup plus redoutable, plongeant son épée dans le cou exposé de l'homme en armure dans ce qui doit être un coup fatal final.

C'est une scène qui évoque les batailles épiques et écrasantes, les héros plus grands que nature et les grandes aventures de l'Iliade d'Homère, le poème grec épique qui a immortalisé une guerre mythologique de dix ans entre les royaumes troyens et mycéniens.

Bien que les chercheurs ne peuvent pas dire si la scène était destinée à refléter une épopée homérique, elle reflète cependant une légende bien connue des Minoens et des Mycéniens. "Cela devait être une possession précieuse, ce qui est certainement représentatif du rôle du Guerrier Griffon dans la société mycénienne" explique Stocker, "je pense qu'il se serait certainement identifié avec le héros représenté sur le sceau".

Bien que le sceau et les autres richesses funéraires découvertes dans le tombeau suggèrent que le Guerrier Griffon avait une position estimée dans la société mycénienne, le fait que tant d'artefacts soient de fabrication minoenne soulève des questions sur sa culture.

Les fouilles ont permis de découvrir la deuxième plus grande chevalière en or connue dans le monde égéen, qui montre cinq figures féminines richement vêtues rassemblées près d'un sanctuaire balnéaire.

Le consensus scientifique a longtemps théorisé que les mycéniens continentaux ont simplement importé ou volé ces richesses à la civilisation minoenne aisée sur l'île de Crète, au sud-est de Pylos.

Bien que les Minoens étaient culturellement dominants face aux grecs continentaux, la civilisation est tombée aux mais des mycéniens vers 1500-1400 avant JC, à peu près la même période de temps où le Guerrier Griffon est mort.

Davis et Stocker ont aussi révélé la découverte de quatre chevalières en or portant une iconographie minoenne très détaillée, ainsi que d'autres richesses de fabrication minoenne dans la tombe, ce qui sous-entend un échange culturel beaucoup plus grand et complexe entre les mycéniens et les minoens.

Mais le talent et la sophistication de l'Agate du combat de Pylos est sans parallèle avec tout ce qui a été découvert auparavant dans le monde minoen-mycénien, affirment les chercheurs. Et cela soulève une question plus importante:  Comment cela change-t-il notre compréhension de l'art grec à l'âge du bronze ?

"Il semble que les minoens produisaient un art dont personne n'a jamais imaginé qu'ils puissent être capables" continue Davis, "cela montre que leur capacité et leur intérêt pour l'art figuratif, en particulier le mouvement et l'anatomie humaine, est au-delà de ce que l'on pensait être. Combiné avec les caractéristiques stylisées, cela est tout simplement extraordinaire"

Le sceau invite à reconsidérer l'évolution et le développement de l'art grec. "Ce sceau devrait être inclus dans tous les prochains textes d'histoire de l'art, et va changer la façon dont l'art préhistorique est perçu" termine Stocker.

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11.16.2017

Un bateau de guerre du 17ème siècle découvert dans le centre de Stockholm

Des archéologues suédois pensent avoir identifié une épave trouvée dans le centre de la capitale suédoise. Ce serait le Sceptre, un navire de guerre vieux de plus de 400 ans, construit en 1615, et l'un des fleurons de la flotte du roi Gustave II Adolf.

Un bateauu de guerre du 17ème siècle découvert dans le centre de Stockholm
Les restes du bateau. Photo: Johan Runer

L'épave a été mise au jour cet été lors des rénovations des quais sur l'îlot Skeppsholmen. D'après l'archéologue marin, Jim Hansson: "nous avons été très surpris, car nous avons d'anciennes cartes montrant des épaves du début des années 1800, et il semble que les épaves plus anciennes n'apparaissent pas sur ces cartes".

Les restes mis au jour comprennent une section du bateau de deux mètres depuis la quille et des parties de la traverse. "Cela est très bien conservé. C'est seulement le niveau du premier pont, mais on peut encore voir les marques de coupe des haches sur le bois." ajoute l'archéologue, "Nous avons pris des échantillons chronologiques cet été et nous avons reçu les résultats qui montrent que le bois est le chêne de Suède, et qu'il a été coupé en hiver entre 1612 et 1613, ce qui est une mesure très précise. Nous avons ensuite cherché sur les listes des bateaux de guerre fabriqués à l'époque, et nous avons trouvé qu'il y avait quatre grands navires qui avaient été construits." continue Hansson, ajoutant que par élimination il ne restait que le Sceptre.


Une autre vue du bateau. Photo: Jim Hansson/Stockholm Maritime Museum

Le Sceptre fut bâti par le constructeur de bateau hollandais Isbrand Johansson; il pesait 800 tonnes et portait 36 canons. Il a eu une vie mouvementée, dont un voyage en 1621 lorsqu'il fit partie d'une flotte de 148 navires pour tenter de conquérir Riga (en Lettonie), avec le roi à son bord; mais il ne parvint qu'à Pärnu (Estonie) après avoir été pris dans une tempête.

En 1639, il est retiré et délibérément coulé à Skeppsholmen pour faire partie des fondations d'un nouveau chantier naval en cours de construction sur l'îlot dans le centre de Stockholm à l'époque; c'est en quelque sorte, les méthodes de recyclage du 17ème siècle...


Un cimetière d'épaves dans la capitale


Les navires historiques sont des découvertes fascinantes, mais pas inhabituelles à Stockholm. J'avais déjà publié un article en 2010 sur une découverte de ce genre dans la ville: "Une mystérieuse épave de navire dans le centre de stockholm".

"C'est très étrange, et presque un mystère, que tant de ces navires de guerre aient été oubliés; et pourtant, ils sont bien là. Lorsqu'ils n'ont pas d'histoire dramatique sur la façon dont ils ont coulé, ils sont simplement oubliés. Il doit y en avoir probablement d'autres dans les eaux environnantes dont on a jamais entendu parler." raconte Hansson.

"C'est une découverte réellement importante car le bateau est de la génération avant le Vasa, aussi nous pouvons voir les techniques de construction qui étaient utilisées, et cela peut aider à comprendre ce qui s'est mal passé à avec le Vasa" ajoute-t-il en faisant référence au célèbre bateau de guerre suédois qui coula lors de son voyage inaugural en 1628. Il fut récupéré plus tard, et a été trouvé en grande partie intact: il est ainsi devenu depuis l'une des attractions touristiques les plus populaires en Suède.

Le Vasa dans son musée

Cependant le Sceptre ne deviendra pas une nouvelle attraction dans le style du Musée Vasa: la conservation du Vasa revient si chère qu'il faudrait trouver un navire vraiment spectaculaire pour faire la même chose.

Des photographies 3D de l'épave ont été faites et il a été correctement documenté. Et avec les données historiques, l'ont peut déjà en dire beaucoup sur ce bateau. Pour le moment, l'épave a été laissée à peu près à la même place et les archéologues restent sur place pendant que les travaux de rénovation se poursuivent afin de récupérer tous les autres trésors marins.


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11.09.2017

Port Royal, la cité pirate engloutie

Port Royal était la capitale commerciale anglaise du Nouveau Monde, et en tant que telle, c'était un centre important et prospère pour les échanges commerciaux de l'ensemble des Antilles.

La ville était célèbre pour ses mœurs que certains qualifiaient de "dépravées", ses pirates et ses trésors. Le 7 juin  1692, Port Royal est dévastée par un tremblement de terre, des sables mouvants et pour finir un tsunami. Les deux tiers de la cité disparurent ainsi au fond de la mer.

Port Royal, la cité pirate engloutie
Les archéologues sous-marins explorent la partie submergée de Port Royal. Photo: Texas A & M University.

"Port Royal est une véritable ville engloutie, mais c'est aussi un site où a eu lieu une catastrophe" rapporte le Dr Jon Henderson, archéologue sous-marin de l'Université de Nottingham, "elle est tombée si vite qu'elle est restée figée dans le temps. Elle est parfois appelée la Pompéi du Nouveau Monde. Le séisme a saisi la ville à son apogée; tout ce que les gens utilisaient est maintenant scellé sous le limon dans le port de Kingston"

Port Royal est la seule ville engloutie dans les Amériques (à ce que l'on sait) et c'était un établissement anglais dans les Caraïbes au 17ème siècle. "Si vous avez vu les films de Pirates des Caraïbes, Port Royal est la première ville où ils vont présenter le personnage de Jack Sparrow." ajoute Henderson.


Cartographier le site grâce à la technologie 3D


Pour créer un modèle numérique précis des ruines de Port Royal en trois dimensions, avec des détails photo réalistes, le Dr Henderson et ses collègues ont effectué une étude à haute résolution du site partiellement submergé:

"Le site est en réalité recouvert de limon et de coraux, il est donc enfoui sous 2 à 3 mètres de dépôts. C'est super d'un point de vue archéologique, car une grande partie du site est scellé, ce qui signifie qu'il est en excellent état, mais en revanche, cela limite ce que l'on peut voir. Cette nouvelle technologie s'applique à l'archéologie submergée pour la première fois. Aujourd'hui, nous pouvons faire des aperçus photos 3D réalistes de ce qui se trouve réellement sous la mer et le montrer aux gens, ce qui n'était pas possible avant. Auparavant, nous ne pouvions compter que sur des dessins, des photos et des vidéos, mais nous en sommes maintenant à un point où les personnes qui n'ont jamais vu un site submergé pourront voir exactement comment ces sites apparaissent sur le fond marin. Cette technologie est essentielle pour sensibiliser à l'importance du patrimoine culturel subaquatique"

Relecture par Digitarium.fr
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11.07.2017

La découverte de dents fossilisées en Allemagne pourrait réécrire l'histoire de l'homme

Une équipe d'archéologues allemands a découvert un ensemble de dents énigmatiques dans l'ancien lit du Rhin, a annoncé le Musée d'Histoire Naturelle de Mayence.

Les dents ne semblent appartenir à aucune espèce découverte en Europe ou en Asie. Elles ressemblent à celles appartenant aux anciens squelettes d'hominidés comme Lucy (Australopithecus afarensis) et Ardi (Ardipithecus ramidus) découverts en Ethiopie.


Ces dents sont similaires à celles des squelettes de Lucy et Ardi mais sont plus anciennes de plusieurs millions d'années

Or, ces nouvelles dents trouvées dans l'ouest de l'Allemagne à Eppelsheim près de Mayence, sont au moins 4 millions d'années plus vieilles que les squelettes africains. Une équipe de spécialistes effectuera d'autres tests sur les dents.

Cela a rendu les scientifiques si perplexes qu'ils ont retardé la publication de la découverte pendant un an


Les dents sont similaires aux célèbres squelettes de Lucy et Ardi, mais les précèdent de plusieurs millions d'années. "Ce sont clairement des dents de singe" rapporte le chef d'équipe Herbet Lutz, "leurs caractéristiques ressemblent à des trouvailles africaines de quatre à cinq millions d'années plus récentes que les fossiles mis au jour à Eppelsheim. C'est un coup de chance énorme, mais aussi un grand mystère."

Au cours de la conférence de presse annonçant la trouvaille, le maire de Mayence, Michael Ebling, a déclaré que cette découverte devrait forcer les scientifiques à reconsidérer l'histoire du début de l'humanité.

L'archéologue régional du land Rhénanie-Palatinat, Axel von Berg, a déclaré aux médias qu'il était sûr que les trouvailles attireraient beaucoup d'attention: "cela va fasciner les experts".

Le site de fouilles dans un ancien cours du Rhin.

Les dents sont toujours étudiées en détail, mais elles devraient prochainement être exposées lors de l'Exposition d'état de Rhénanie-Palatinat "vorZEITEN"; ensuite elles seront exposées au Musée d'Histoire Naturelle de Mayence.

Ces dents ont été trouvées par des scientifiques passant au crible le gravier et le sable dans le lit de l'ancien cours du Rhin. L'endroit est une source de restes fossiles depuis 1820, lorsque les premiers fossiles de singes avaient été trouvés. Depuis 2001, 25 nouvelles espèces ont été mises au jour.

Les dents ont été trouvées près des restes d'une espèce de cheval disparu, ce qui a aidé à les dater.

Merci à Audric pour l'info !
Relecture par Digitarium.fr
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