6.01.2015

Le mystère s'épaissit sur une pierre tombale romaine découverte en début d'année en Angleterre


Une nouvelle étude a révélé qu'il n'y avait aucun lien entre une pierre tombale romaine découverte en début d'année en Angleterre et le squelette reposant en-dessous.

La pierre gravée a été découverte lors des travaux de construction d'un parking à Cirencester.

L'inscription latine commémorant la mort d'une femme âgée de 27 ans.  Credit: Cotswold Archaeology

Faite (an) en calcaire provenant de Cotswold, elle avait été trouvée couchée sur sa face avant sur une tombe, au-dessus d'un squelette adulte.

Lorsqu'elle a été retournée, la pierre couleur miel portait de fines décorations et cinq lignes écrites en latin: "D.M. BODICACIA CONIUNX VIXIT ANNO S XXVII". Cela pourrait signifier: "Aux ombres du monde souterrain, Bodicacia, épouse, a vécu 27 ans".

La découverte avait été qualifiée d'unique étant donné que ce serait la seule pierre tombale de la Grande-Bretagne Romaine à désigner la personne se trouvant en-dessous. Cependant, alors que la dédicace de la pierre tombale concerne une femme, le squelette en-dessous était celui d'un homme.

De plus, la pierre tombale et le squelette appartiennent à deux époques différentes: la pierre gravée date du 2ème siècle après JC, alors que l'individu a été enterré au 4ème siècle après JC.

"Nous pensons que la pierre tombale a été réutilisée, peut-être comme couvercle de tombe, 200 ans après sa première pose," explique Ed McSloy, spécialiste des découvertes archéologiques de Costwold.

Martin Henig et Roger Tomlin, d'éminents experts en sculpture et inscriptions romaines à l'université d'Oxford, notent que l'arrière de la pierre est très grossièrement travaillé, quasiment non terminé, ce qui contraste fortement avec l'avant finement sculpté.


A qui appartient la tombe, cela reste un mystère...

"En lisant les lettres, l'interprétation la plus plausible du nom est Bodicacia, un nom celte inconnu auparavant" ajoute McSloy. En effet, le nom apparait être une variante du nom celte avec la même racine, Boudicca. C'était une reine rebelle Iceni (ou Icène), une tribu brittonique qui a tenté en vain de vaincre les romains.

Le fronton (la portion triangulaire décorée en haut de la pierre) montre le dieu Romain Oceanus. Personnification divine de la mer dans le monde classique, Oceanus était représenté avec une longue moustache, une longue chevelure stylisée et des pinces de crabe au-dessus de la tête.

Cette image, d'après McSloy, est aussi inconnue jusqu'ici dans la sculpture funéraire.

Il est fort probable que Bodicacia ait été privée de sa pierre tombale au 4ème siècle, lorsque la pierre fut ensevelie dans une tombe. A cette même époque, ou avant, Oceanus avait été oublié.

La pierre tombale doit être exposée, de façon permanente, au musée Corinium de Cirencester.

Relecture par Marion Juglin
Source:

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4 commentaires:

Anonyme a dit…

"Faite EN calcaire" Tu devis être fatigué quand tu as écrit l'article =)
J'aime beaucoup ce que tu fais, continue =)

Jann Lassalle a dit…

Bonjour,

Ah oui, cette coquille est passée à travers ma relecture ! Merci pour la remarque...et les encouragements ;)

Anonyme a dit…

Bonjour.


Je viens de découvrir ce billet sur l'inscription latine aujourd'hui.

En fait, D.M. se développe en D(is) M(anibus). La bonne traduction serait plutôt "Aux Dieux Mânes". Je n'ai jamais vu des épigraphistes traduire ce sigle par "aux ombres du monde souterrain."

Autre fait, les lettres ANNO et S ne sont pas séparées (annos) mais je suppose que cela vous a échappé un peu. :-)

La paléographie du texte est typique des inscriptions du IIe-IIIe s. mais l'absence des superlatifs des défunts pour l'épouse (comme pientissima, carissima, etc.) a sans doute incité les épigraphistes à dater l'inscription du IIe s. En effet, la mention DM apparait à partir de la seconde moitié du Ier s. ap. J.-C. (voire début IIe s. pour certaines régions). Les superlatifs sont nombreux à partir du milieu du IIe pour pulluler au IIIe s.


Cordialement.

Sousou.

Jann Lassalle a dit…

Bonjour Sousou,

Effectivement votre traduction "Aux Dieux Mânes" est plus probable (pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont les dieux des ancêtres à qui les Gallo-romains recommandaient leurs chers disparus.)

Soit les épigraphistes anglais ont une approche différente de la traduction, soit, et c'est plus probable, le journaliste de Discovery News a proposé ce qu'il en a compris...

Merci pour vous éclaircissements !